Humeur

Furtivement, le festival

J’adore les ambiances de festival. C’est un moment hors du temps. Des personnes qui ne se côtoient pas au quotidien et qui n’ont aucune autre raison de se rencontrer sinon le temps d’un week-end pour un festival.
Attention, pas le festival où il faut chausser ses Hunters pour patauger dans la boue et se trémousser. Oh non merci! Une rencontre d’écrivains réunis autour d’un thème pour amener la discussion. Ou pas.

Cette manifestation, je l’ai vue naitre et grandir. Certaines éditions sont plus fun que d’autres. Parfois la sauce prend et l’alchimie fait son travail. Quoiqu’il en soit c’est un formidable poste d’observation d’un microcosme toujours passionnant. Les auteurs me fascinent, même lorsqu’ils sont chiants.

J’ai fait deux belles rencontres ce week-end, deux écrivains que je n’avais pas encore lus. Complètement charmée par leur ramage, il me tarde de découvrir les deux romans «Dormir avec ceux qu’on aime» et «Long courrier».

Traditionnellement tout ce petit monde passe 3 jours ensemble, du petit déjeuner au bout de la nuit (quand la musique est bonne). Staff, écrivains, organisateurs. Parfois, une diva se distingue du lot, optant de ne pas se mêler au groupe. Cette année nous en avions une. Flottant hors du temps, préférant le son de sa voix à celle des autres et tellement préoccupée d’éviter de tomber dans le cliché, dont nous pauvres mortels abreuvons nos petites conversations, elle a choisi ne pas suivre la ligne du panel. Vachement sympa pour ceux qui participaient à la table ronde. Plouf.

Loin des considérations matérielles, comme toute diva qui se respecte, elle s’est parée d’une horrible tenue qui lui a fait les 3 jours du festival. La diva doit voyager léger.

Au cocktail de l’ambassade le premier soir, j’ai adoré cet auteur, genre poète maudit, veste râpée et cheveu désobéissant qui fume clope sur clope toute la journée et qui s’étonne qu’on ne puisse pas s’en griller une sous les ors de la République. C’est nos impôts merde. Non mais franchement, aucune loi ne nous empêche de faire des fumoirs dans une ambassade. T’en penses quoi toi? Euh… vous avez vérifié si les toilettes étaient équipées d’alarme de fumée? Sinon il y a toujours la terrasse républicaine.
Pendant ce temps notre diva souillon tirait sur sa cigarette électro comme s’il n’y avait pas de lendemains.

De coupette en coupette, on parle on parle et il est déjà temps de partir. De quitter les ors. Je ne sais plus comment je me suis retrouvée à l’hôtel, accoudée au bar avec un pote. Puis à rejoindre, 3 Jameson plus tard, Valentino au George, à quelques rues de là, pour me retrouver dans un univers totalement gay et super fun. Cette ville me donne une énergie folle.
Je sais encore moins comment, le lendemain, aussi fraiche qu’un gardénia, j’ai émergé à 7 heures du matin sous la douche italienne après 4 heures de sommeil. Seul signe extérieur de détresse de la nuit magique qui aurait pu me trahir: les lunettes noires Jackie Kennedy que j’ai portées toute la journée pour ne pas être éblouie par le soleil dublinois. Comme une diva, mais en moins chiante.

******

Ce billet n’a pas de chute et a probablement ni queue ni tête pour qui n’a pas vécu à l’intérieur de l’organisation d’un festival, je m’en rend bien compte. Je tente juste de partager quelques instants furtifs légèrement hors du temps.

Trois auteurs à découvrir (si ce n’est déjà fait)
Gilles Leroy
Bernard du Boucheron
Christine Dwyer-Hickey

6 réponses »

  1. Mysterieuse ambiance, un grain nostalgique, un grain magique, un petit monde parallele, on a l’impression de rentrer dans un roman… Est ce que cela a vraiment existe? Qui sait! Merci, c’est toujours tellement joliment ecrit…

  2. Bravo Fabienne. Comme toi, j’ai découvert des auteurs au festival. Je viens de lire Court serpent de Bernard Du Boucheron. J’ai adoré! Un voyage formidable dans les glaces! Et maintenant j’attaque Tattie De Christine Dwyer-Hickie. Au prochain festival!

    • Oh Claire, vous ici! Quelle joie de te retrouver de l’autre côté du miroir!
      Bernard quel adorable et délicieux Monsieur. j’ai Long Courrier qui m’attend.
      Je suis en train de me délecter de « Dormir avec ceux que l’on aime » de Gilles Leroy. Je suis amoureuse de ce livre.
      pssst: j’espère qu’on aura l’occasion de se voir avant 😉

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